Les enfants adoptés ont besoin de plus que de l'amour.

jeudi 14 mai 2009

Johanne Lemieux : Les 12 caractéristiques de l'enfant adopté

Selon Johanne Lemieux, travailleuse sociale, conférencière et auteur, spécialisée dans l'adoption internationale, on retrouve chez l'enfant adopté douze caractéristiques, stigmates de son passé :
  1. Un instinct de survie très puissant.
  2. La capacité de passer de la séduction à l'indifférence : séduction pour obtenir ce dont il a besoin (comme avec les nounous de l'orphelinat) ensuite indifférence. Il n'a reçu de l'affection qu'à petite dose, et peut se sentir étouffé par trop de démonstrations.
  3. La peur exagérée du rejet et de l'abandon : il se fie a son expérience. C'est tellement fort, que même un non je ne peux pas jouer avec toi, peut être pris pour du rejet.
  4. La non-permanence : puisqu'il a déjà été arraché à sa mère, à des nounous, à son orphelinat, il peut croire, même après plusieurs années, que sa famille adoptive n'est que temporaire, et qu'il en sera rejeté s'il ne correspond pas aux attentes.
  5. La reproduction des modèles qui lui ont permis de survivre : cacher de la nourriture, se bercer.
  6. Des phases de régression en situations de stress ou devant un changement : retour à un sommeil difficile, envie de faire le bébé. Mais ce qui régresse rebondit!
  7. Un comportement teflon ou velcro : certains enfants ont ces deux attitudes en alternance, d'autres une seule. Si ça dure trop longtemps, ça peut cacher un trouble de l'attachement.
  8. La fragilité de ses besoins primaires : plus un comportement dure longtemps, plus il y a des chances qu'il en ait beaucoup souffert. Un enfant qui continue à cacher de la nourriture après plusieurs années a certainement eu très faim.
  9. L'instinct du petit saumon : le désir impérieux de connaître ses origines. Même s'il n'est pas commun à tous, cet instinct est naturel et ne remet absolument pas en question son attachement à sa famille adoptive. Les parents biologiques de l'enfant doivent faire partie de notre vie.
  10. Un développement en escalier : il a été fragilisé dans ses besoins fondamentaux et doit aller à son propre rythme irrégulier.
  11. Impossible de le comparer aux autres : après son arrivée dans sa famille adoptive, il va se développer à une vitesse exceptionnelle pour s'adapter (la langue, la nourriture, les odeurs, les bruits, tout est nouveau même les personnes qui l'entourent. Ce n'est pas un voyage touristique pour lui, mais encore une épreuve de survie) et plus lentement pour d'autres. Physiquement aussi, il va être plus petit que les autres enfants de son âge, ou marcher plus tard.
  12. Un sommeil difficile : refus de dormir seul, terreurs nocturnes, cauchemars, sommeil agité. Avec les défis énormes qu'il relève chaque jour, son passé toujours imprégné en lui, son cerveau fait le ménage la nuit. S'endormir peut aussi être terrifiant, car il ne sait pas si on ne va pas encore l'abandonner ou l'enlever. La solitude d'une chambre peut être très déstabilisante, alors qu'il a dormi pendant des mois dans un dortoir plein d'enfants.

Ceci est un résumé d'une conférence de Johanne Lemieux. Dans mon prochain billet, je vous donnerai quelques uns de ses conseils aux parents.

Le portail québécois MeAnomadis regorge d'informations sur les droits de l'enfance internationale dans les domaines de l'abandon, de l'adoption, de la migration et de l'interculturalisme. Je crois que le docteur Jean-François Chicoine et Johanne Lemieux en sont les principaux instigateurs, en tout cas, ils y écrivent beaucoup.

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