La fête des Mères est dimanche prochain au Québec, et pour certains enfants adoptés, elle peut être difficile à vivre car pour eux c'est vraiment la fête des mères!Hier ma fille me parlait des cadeaux qu'elle me préparait pour dimanche (Elle a toujours eu du mal à garder ce genre de secrets) et j'en ai profité pour lui en parler :
- Tu dois penser à ta maman de Chine en ce moment?
- Oui je pense à elle. Je ne sais même pas si elle est vivante.
- Ça doit te rendre très triste. Veux-tu lui faire un dessin?
- Oui, mais elle ne le verra jamais!
- Non c'est vrai, mais c'est une belle pensée pour elle. On va acheter un cahier dans lequel tu écriras et dessineras ce que tu veux, et on le rangera dans ta boîte de souvenirs de Chine.
- (Sourire éclatant)
C'est une question que je lui pose de temps en temps dans l'année. Pour sonder le terrain et lui montrer que je suis disponible pour en parler. Elle ne me répond jamais non.
Quelques mots qui donnent un sens :
Si ta mère biologique t'a portée neuf mois, en sachant qu'elle ne pourrait pas te garder, c'est qu'elle voulait être ta mère. Elle était en situation de survie.
Si ta mère biologique t'a amenée à l'orphelinat, c'est qu'elle approuvait ton adoption.
Ta mère ne t'a pas abandonnée par ce que c'était toi, ou elle, mais parce que c'était le moment, le pays, les lois. Je fais équipe avec elle et je l'aime beaucoup parce que c'est grâce à elle que tu existes et que je te connais.
Pour finir, j'ajoute deux livres très importants à ma liste de lecture :
Chinoises : Vous aurez une bonne idée de ce qu'a pu vivre la mère biologique de votre fille en lisant ce recueil de témoignages de mères chinoises qui expliquent pourquoi elles n'ont pas pu garder leur enfant et comment elles l'ont abandonné. Elles se sont confiées au cours d'une émission de radio nocturne animée par Xinran, qui a ensuite décidé de lever le voile sur la terrible condition de ces femmes. Troublant et déchirant.
Le journal de Ma Yan : Encore une histoire vraie, celle d'une jeune fille brillante que ses parents ne peuvent plus envoyer à l'école. Sa mère confie son journal à des journalistes français qui le publient. Gros succès ! L'argent récolté servira à ouvrir une école pour filles dans la région terriblement pauvre de Ma Yan.
Joyeuse fête à toutes les mères qui ont portés nos enfants et à vous toutes qui les aimez maintenant!
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